Tous les articles par Myrtille Méricam-Bourdet

Journées Voltaire 2026 – Voltaire et les passions

18-19 juin 2026

Colloque International

SORBONNE UNIVERSITÉ

Maison de la recherche, salle D040

Jeudi 18 juin 2026

13h30              Accueil et mise en place

13h45              Introduction

Olivier Ferret (Université Lumière Lyon 2, IHRIM) et Gianni Iotti (Université de Pise)

SESSION 1

14h00              Les passions tristes du gai Voltaire. Rhétorique et usages de la haine au cœur des Lumières.

Diego Venturino (Université de Lorraine – site de Metz)

14h25              Les passions moteurs de l’histoire ?

Myrtille Méricam-Bourdet (Université Lumière Lyon 2, IHRIM)

14h50              Discussions

15h10              Pause-café

SESSION 2

15h30              Le fanatisme comme passion collective chez Voltaire : le Traité sur la tolérance face à l’erreur judiciaire.

Chama Elazouzi (Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, SLLACHE, Fès, Maroc)

15h55              Voltaire et les passions à l’épreuve des affaires Calas, Sirven et La Barre : esquisse sur les mécanismes de l’injustice.

Younes Bel-Mkdaddem (Faculté des Lettres et Sciences humaines Dhar El Mehraz, LACuDis, Fès, Maroc)

16h20              Discussions

17h15              CA et AG de la Société des études voltairiennes

20h                  Dîner du colloque

Vendredi 19 juin 2026

9h15                Accueil et mise en place

SESSION 3

9h30                Voltaire théoricien de l’affective regulation ? De la maîtrise des passions à l’intelligence émotionnelle au xviiie siècle.

Zied Smat (Université de Tunis El Manar, ISSHT / Université de Lille, ALITHILA)

9h55                Les larmes de Voltaire : le sentimentalisme en question entre Nanine (1749) et L’Écossaise (1760).

Marco Menin (Université de Turin) et Debora Sicco (Université du Piémont Oriental)

10h20              Discussions

10h40              Pause-café

SESSION 4

11h                  « Le théâtre est la peinture vivante des passions humaines » : reconfigurations théoriques et dramaturgiques chez Voltaire face à une notion en mutation.

Dario Maria Nicolosi (Sorbonne Université)

11h25              Contre la catharsis : indignation tragique et dramaturgie politique dans le théâtre de Voltaire.

Justine Mangeant (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, DYPAC)

11h50              Discussions

Pause méridienne : buffet

13h45              Accueil et mise en place

SESSION 5

14h00              Passion(s) de Shakespeare : La Mort de César de Voltaire.

Pierre Saint-Amand (Université de Yale)

14h25              Voltaire et les passions tragiques à travers les fables antiques.

Gabriel Federicci (Sorbonne Université, CELLF)

14h50              Discussions

15h10              Pause-café

SESSION 6

15h30              La fabrique théâtrale des passions : co-création scénique de l’émotion tragique entre Voltaire et l’actrice Mlle Clairon (1750-1760).

Teodora Popa (Sorbonne Université, CELLF)

15h55              Une « déclamation notée ». Passions tragiques et jeu théâtral chez Voltaire.

Vincenzo De Santis (Université de Salerne)

16h20              Discussions

Revue Voltaire, n° 26 (2026) – Voltaire et la presse

Alors que l’on a souvent retenu les déclarations à l’emporte-pièce de Voltaire contre les journalistes de son époque, le dossier thématique de ce numéro de la Revue Voltaire, consacré à « Voltaire et la presse », réexamine ces relations pour en montrer la complexité. Mettant à profit les numérisations des corpus périodiques à grande échelle et les apports des humanités numériques, les articles soulignent la présence constante de Voltaire et de ses textes dans les journaux du xviiie siècle. Il s’agit alors de s’interroger sur la participation de Voltaire à la diffusion de ses propres textes dans les périodiques, sur les modalités de cette présence – peut-on tout publier ? quelles stratégies sont déployées par les journalistes dans un contexte de surveillance des écrits ? les journaux imprimés à l’étranger sont-ils plus libres ? –, et sur les images de Voltaire que construisent les périodiques, en France ou à l’étranger. S’y lit aussi un combat entre les Lumières et la censure, les Lumières et les anti-Lumières.

I. Voltaire et la presse

Section coordonnée par Myrtille Méricam-Bourdet

Myrtille Méricam-Bourdet. Avant-propos. Voltaire et la presse

Myrtille Méricam-Bourdet. Éléments d’un état des lieux du corpus voltairien dans les périodiques francophones

Dario Maria Nicolosi. Citer les pièces de Voltaire dans la presse du xviiie siècle, ou de la construction d’une « autorité »

Motasem Alrahabi. Détection automatique des anecdotes dans la presse du xviiie siècle : modèles de langage et réception de Voltaire

Timothée Léchot. Voltaire et l’adoubement littéraire de Mademoiselle de Malcrais de La Vigne

Sarah Phillips. De l’interdit à l’imprimé : l’apparition des Lettres philosophiques dans les Anecdotes ou Lettres secrètes

Olgie Lee. Desfontaines, Prévost et Voltaire. Tensions dans la réception journalistique d’Alzire

Alexis Lévrier. La figure du journaliste dans L’Envieux et L’Écossaise, ou les mutations d’un imaginaire médiatique

Olivier Ferret. Voltaire philosophe au fil des articles du Journal encyclopédique (1756-1793)

Marie-Hosanna Chauvin. « Panthéoniser » Voltaire dans le Journal des Dames (1761-1765)

Stéphanie Géhanne Gavoty. Les journalistes catholiques devant l’édition de Kehl : branle-bas de combat en 1781

Jonas Thorup Thomsen. Voltaire in the Press of Denmark-Norway

Oanez Hélary. Les références à Voltaire dans la presse anglaise du xviiie siècle

II. Varia

Alice Breathe. « Je passais en Allemagne, il n’y a pas longtemps » : Voltaire mit-il la main à un dialogue au sujet d’Adam en 1754 ?

Gillian Pink et Sofya Dmitrieva. La trace unique d’un pot-pourri perdu ? Une lettre de Locke de la collection de Voltaire

Daniel Droixhe. L’édition 70be de l’Histoire de Charles XII de Voltaire. Préclustering et approche textuelle

William Baber. Voltaire face à l’affaire des couplets : une première mise en récit du judiciaire

III. Inédits et documents

Édouard Langille. Quelques lettres inédites passées en vente

Gillian Pink. Un feuillet inédit du « grand cahier de Pétersbourg » (f. 5)

IV. Comptes rendus

Gillian Pink et Thomas Wynn (dir.), L’Écriture est la peinture de la voix. Essays in honour of Nicholas Cronk, Liverpool, Liverpool University Press, 2024, 2 vol. (par Justine Mangeant)

Jennifer Ruimi, Voltaire et le théâtre de société. Le plaisir et la gloire, Paris, Hermann, 2025 (par Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval)

James Gawley, Allusions Across the Language Barrier: The Poetic Techniques of Voltaire and Vergil, Paris, Classiques Garnier, 2024 (par Clovis Gladstone)

Voltaire, Lettres d’Angleterre, édition, préface et notes de Linda Gil, Paris, Éditions Payot & Rivages, 2025 (par Myrtille Méricam-Bourdet)

PV de l’Assemblée générale 2025

20 juin 2025

Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, salle des conférences

  1. Rapport moral du Président, Nicholas Cronk

Nicholas Cronk se réjouit que le retard pris avec les SUP pour la publication des numéros de la Revue Voltaire ait pu être rattrapé durant l’année. Le numéro 23 Œuvres complètes, œuvres ouvertes, est paru à l’automne 2024. Le numéro 24, Voltaire et le Québec / Mme Denis est paru à la fin du printemps. Le numéro 25 Voltaire et la médecine est actuellement sous presse. On retrouve donc le calendrier habituel de publication, et le numéro 26 prévu pour juin 2026 accueillera les journées dédiées à « Voltaire et la presse ». La Revue accueille toujours les rubriques « Varia » et comptes rendus auxquelles les membres de la SEV sont invités à contribuer.

Les journées Voltaire 2026 devraient porter sur « Voltaire et les passions », possiblement organisées par Olivier Ferret et Gianni Iotti.

Une proposition a été faite pour 2027 : Voltaire et les genres mineurs (Pierino Gallo, Christelle Bahier-Porte).

2028 sera l’année des 250 ans de la mort de Voltaire et de Rousseau. La SEV s’inscrira dans les manifestations qui seront organisées.

Le nouveau site de la SEV sur hypothèses.org fonctionne bien : https://sev.hypotheses.org/. Il appelle les adhérents à envoyer les annonces de parutions, de manifestations, etc. pour alimenter le site.

La Société Voltaire, présidée par François Jacob, a pris langue avec la SEV pour que nos deux sociétés savantes collaborent pour l’organisation de manifestations scientifiques. Une journée des doctorants pourrait être envisagée, et une réflexion devra être engagée en vue d’une action conjointe dans le cadre des commémorations de 2028.

Le rapport moral est voté à l’unanimité.

II. Rapport de la Secrétaire Générale, Laurence Macé.

Laurence Macé se réjouit également que le retard de publication de la Revue Voltaire ait été rattrapé. Le numéro 25, dont elle a co-dirigé avec Jennifer Ruimi le dossier sur « Voltaire et la médecine », est sous presse.

Elle signale qu’elle collabore avec Vincent Denis et Daniel Droixhe pour constituer des balades commentées (filmées) dans la ville de Rouen, autour des imprimeurs-libraires de Voltaire. Les Archives départementales vont être partenaires pour une journée d’étude sur l’édition clandestine rouennaise au XVIIIe siècle, ainsi que pour une exposition sur ce thème, à l’automne 2026.

Le rapport est voté à l’unanimité.

III. Rapport financier du Trésorier, Renaud Bret-Vitoz

Les comptes arrêtés au 19 juin 2025 se présentent de la façon suivante : le solde créditeur est de 12 304,59 euros (10 455,18 euros + 1849,41 euros sur Livret Bleu dont 49,41 euros d’intérêts).

Plus en prévisionnel : 2 chèques adhérents en attente de versement (185 euros).

En 2024, le solde était de 10 659,55 euros. Hausse de 1645,04 euros.

Nous retrouvons le solde de 2023 : 12 629,63 euros (10 688,51 euros en 2022)à la clôture de l’exercice.

Détails :

Recettes :

Cotisations en 2024 : 59 adhérents

Cotisations en 2025 (mi-année) : 53 adhérents

Dépenses :

Frais de compte : passés à 8,67 euros au 10/12/24, soit 52,02 euros à ce jour (soit 104,04/an)

Frais de compte l’an dernier : 3,98 euros par mois

Facture SUP en février (Impression n° 22 et 23 et frais de port) : 2499,60 euros

Participation aux JV 2025 : 400 euros

Dépenses en 2025 en prévision :

Impression SUP Numéros 24

Le rapport financier est voté à l’unanimité.

La séance est levée à 18h30.

La secrétaire, Myrtille Méricam-Bourdet

Appel à communications : Voltaire et les passions

Colloque international organisé par la Société des études voltairiennes, Paris, 18-19 juin 2026

Sorbonne Université, Maison de la recherche, salle D040

L’enquête sur le traitement, par Voltaire, de la question des passions invite à effectuer une traversée de l’intégralité de son œuvre dont l’ampleur est sans doute intimidante. On s’en tiendra à suggérer quelques aspects de la réflexion qui peuvent être abordés et croisés dans les communications, en fonction des corpus retenus.

Les pistes que l’on va esquisser ne visent pas à segmenter les pans de l’œuvre mais bien plutôt à attirer l’attention sur des aspects du problème qui ne sauraient être strictement corrélés à l’un – à l’exclusion d’autres – des segments que l’on n’indique ici qu’à titre d’illustration.

La question soulève d’abord un problème de définition et doit être inscrite dans un héritage philosophique qui invite à situer le discours voltairien par rapport aux penseurs du siècle précédent qu’il a lus et dont il a parfois annoté les textes dans les exemplaires conservés dans la bibliothèque de Ferney. C’est d’abord le cas de Descartes qui, dans son Traité des passions (1649), propose une typologie des passions (« primitives » vs « particulières ») et, dans le cadre d’une philosophie dualiste, appréhende les passions au niveau de l’interaction du corps et de l’âme. Mais c’est aussi le cas de Spinoza, qui, notamment dans l’Éthique (1677), développe une pensée moniste et esquisse une géométrie des passions au sein d’une théorie générale des affects.

Un nouveau contexte de la réhabilitation générale des passions a aussi progressivement pris consistance, dans la première moitié du xviiie siècle, qui laisse derrière elle le rigorisme moral pessimiste de la tradition religieuse, ainsi que l’idée de corruption liée au péché originel, pour identifier dans les passions les ressorts de la sociabilité humaine. En privilégiant l’examen de la tension entre passions et actions, il s’agirait ainsi d’apprécier les propositions théoriques que formule Voltaire en particulier dans des textes « philosophiques », opuscules et ouvrages alphabétiques, propositions qui ouvrent encore sur une saisie de la dimension anthropologique de cette question.

On peut s’intéresser en outre à la manière dont les passions, en tant qu’elles entrent potentiellement en conflit avec l’exercice d’une raison dépassionnée, sont invoquées dans l’ordre des discours. On songe par exemple aux textes polémiques qui tendent à réduire la portée du discours antagoniste au produit d’une logique passionnelle, dont le discours de Voltaire est à l’évidence lui-même loin d’être exempt. S’agissant des textes pamphlétaires, on pourra alors s’interroger sur le statut de la haine comme argument voltairien mais aussi, dans les discours d’autres auteurs et autrices, comme élément caractérisant le registre polémique voltairien.

Mais il s’agira aussi d’explorer la manière dont, dans le cadre des affaires (Calas, Sirven, La Barre) dans lesquelles il s’est fortement impliqué, Voltaire mobilise la question des passions pour rendre compte des mécanismes conduisant à l’erreur judiciaire, à commencer par le phénomène de l’émotion des esprits corrélé à l’analyse du fanatisme en tant que manifestation d’une intolérance en acte.

On pourra encore prêter attention aux arguments mettant en jeu les passions dans le discours historique de Voltaire, en tant qu’ils peuvent être érigés en principes explicatifs de chaînes de causalités, en particulier dans les grandes sommes historiques constituant un panorama trans-séculaire (l’Essai sur les mœurs, que prolongent Le Siècle de Louis XIV et le Précis du siècle de Louis XV), mais aussi dans les monographies consacrées à Charles XII, roi de Suède, et à Pierre-le-Grand, tsar de Russie. Dans quelle mesure les passions sont-elles considérées comme des moteurs de l’action politique ? On rejoint aussi par là le questionnement sur de possibles corrélations entre événements privés et publics. On pourra, en outre, s’interroger sur le rôle que jouent les passions non seulement dans la dynamique des événements historiques racontés, mais également dans les réactions des lecteurs et lectrices, dont Voltaire entend, comme il l’affirme, « remuer les passions », rompant définitivement avec les modèles historiographiques qu’ont pu représenter Mézeray ou Daniel, dont Voltaire a lu et critiqué les histoires de France.

Une troisième piste pourrait envisager la place et les fonctions des dynamiques passionnelles dans les œuvres de fiction. Comment les passions entrent-elles dans les ressorts d’une intrigue, au sein d’une épopée (La Henriade) ou de son envers parodique (La Pucelle), ou encore au sein des « romans philosophiques », regroupés sous cette étiquette dans certaines des collections successives des œuvres publiées du vivant de Voltaire, où les répertoires classiques des paradigmes passionnels cèdent la place à une représentation plus plastique des passions liées aux expériences du corps sensible des personnages.

Quant au corpus du théâtre, une attention spécifique pourrait être apportée aux fonctions dramatiques des passions. Outre l’examen de ressorts passionnels dans les intrigues des pièces, la réflexion conduit, au-delà de considérations fonctionnalistes, à une interrogation de nature esthétique, qu’il faudrait faire dialoguer avec les théorisations contemporaines de la finalité du théâtre (et notamment du drame), à commencer par celles formulées par Diderot à la fin des années 1750 et immédiatement contestées par Rousseau dans la Lettre à D’Alembert sur les spectacles (1758).

À plus large échelle, s’agissant de la tragédie, il s’agirait de s’interroger sur la manière dont Voltaire se positionne, dans ses écrits théoriques mais peut-être d’abord dans sa conception dramatique et sa pratique dramaturgique, par rapport à l’héritage aristotélicien : y a-t-il, dans l’œuvre de Voltaire, une pensée singulière de la catharsis ?

Les propositions de communications peuvent être adressées conjointement à Olivier Ferret (olivier.ferret[at]univ-lyon2.fr) et à Gianni Iotti (gianni.iotti[at]unipi.it) jusqu’au 15 janvier 2026.

Les textes issus de ces communications, dès lors qu’ils auront reçu l’approbation de son comité de lecture, seront publiés en 2027 dans le numéro 27 de la Revue Voltaire.

Appel à communications : Les modernités de Voltaire (Sousse, Tunisie)

Colloque international organisé par le Laboratoire de Recherche  École et Littératures (LAREL) du 16 au 17 avril 2026

Faculté des lettres et des sciences humaines de Sousse, Université de Sousse, Tunisie

        Aucun homme de lettres français n’est autant invoqué que Voltaire dans l’actualité. Ses combats pour la tolérance et la liberté d’expression, contre l’injustice et le fanatisme religieux n’ont rien perdu de leur pertinence, ainsi que l’a démontré le succès en librairie de son Traité sur la tolérance (1763) après les attentats de 2015. Si être moderne, comme le souligna en son temps Michel Foucault, consiste d’abord à entretenir un certain mode de relation à l’actualité, à « réfléchir sur l’actualité »[1], Voltaire est l’homme de lettres moderne par excellence. En effet, la modernité est un concept désignant l’idée d’agir en conformité avec son temps et non plus en fonction de valeurs considérées comme dépassées : être moderne, c’est d’abord être tourné vers l’avenir. Le Moderne n’est pas seulement le contemporain, l’actuel, il ne se confond pas avec le nouveau ou le présent ; avant d’être une époque, la Modernité est un « esprit », une entreprise individuelle et sociale de libération par rapport aux diverses tutelles qui maintiennent l’humanité dans un état d’hétéronomie : la tutelle spirituelle, morale et scientifique de l’Église, la tutelle politique et économique de la monarchie, et même la tutelle esthétique des Anciens. Last but not least, Voltaire a été l’un des premiers à se positionner en faveur d’une simplification et d’une clarification de la langue française, dans un souci de précision et de compréhension. Sa tentative de réforme de l’orthographe et la grammaire pour les adapter aux nécessités de son époque participe directement à sa volonté de libérer l’esprit humain des entraves du dogmatisme et de l’obscurantisme. Avec Voltaire, la Modernité sort définitivement des cadres de la tradition qu’elle avait pu conserver, pour s’engager sur la voie de l’État moderne et de la civilisation du commerce, pour défendre la liberté de conscience et la suprématie des sciences physico-mathématiques. Dans sa lutte en faveur de l’émancipation progressive à l’égard des contraintes qui pèsent sur l’humanité, Voltaire a mis le feu aux structures vermoulus de l’Ancien régime, défendant l’idée que les hommes doivent concevoir la politique en fonction de critères rationnels et non plus, comme par le passé, en fonction de considérations aristocratiques, religieuses ou théologiques. Très lié aux idées d’émancipation, d’évolution, de progrès et d’innovation, le concept de modernité incarné par Voltaire constitue l’opposé des idées d’attachement au passé, d’immobilisme et de stagnation ; il valorise la culture et la connaissance rationnelle triomphant des superstitions, des préjugés et du dogmatisme, et assurant la marche de l’humanité dans le sens du perfectionnement moral et du bonheur.

        Étudier de manière critique le thème de la modernité et de l’actualité de Voltaire, de l’artiste et du penseur, consisterait à explorer, entre autres, les axes suivants[2] :

  • Voltaire et la littérature : ses innovations littéraires ; Voltaire réformateur de la langue et de l’orthographe françaises ; Voltaire historiographe
  • Voltaire maître à penser des Lumières : sa propagation en France de la philosophie et de la science anglaises ; sa critique des systèmes ; ses combats contre le fanatisme et l’intolérance et en faveur de la liberté de penser et la liberté d’expression
  • Voltaire réformateur : son éloge du progrès et du commerce ; Voltaire entrepreneur ; ses prises de position contre la peine de mort et pour une justice moderne ; Voltaire et le végétarisme ; Voltaire féministe ?
  • Actualité et modernité de Voltaire aujourd’hui : le triomphe de ses idées après 1789 ; l’actualité de ses combats à travers le monde ; quelle place pour l’intellectuel engagé dans la société moderne ?
  • Les limites de sa modernité : Voltaire est ancien et moderne à la fois : d’une part, il est resté foncièrement attaché au « siècle » de Louis XIV et n’a pas vu venir certaines évolutions ; d’autre part, il est trop ancré dans l’actualité la plus immédiate pour que ses « fusées volantes » aient pu passer le temps ; enfin, Voltaire n’était ni un démocrate ni un révolutionnaire, il n’avait qu’un amour modéré de l’égalité et ne cherchait pas à éduquer le peuple
     

Modalités de soumission

Les propositions de communication de 300 mots avec une brève notice bio-bibliographique (100 mots maximum) seront envoyées à Nizar Ben Saad (bensaadnizou@yahoo.fr) et Gerhardt Stenger (gerhardt.stenger@univ-nantes.fr) avant le 31 décembre 2025.


 
[1] Michel Foucault, « Qu’est-ce que les Lumières ? », dans Dits et Écrits, tome IV, 1984, p. 562-578.
[2] Avant d’accuser Voltaire de misogynie, d’homophobie, d’islamophobie, de racisme ou d’antisémitisme, on est prié de jeter un coup d’œil sur le site de la Société Voltaire où ces questions sont traitées de manière (quasi-)définitive et sans a priori coupable : https://societe-voltaire.org/cqv/

Revue Voltaire, n° 25 (2025) – Voltaire et la médecine

Revue Voltaire 25 couverture

Objet de réflexion philosophique éprouvé intimement par Voltaire, la maladie, et son corollaire, la médecine, occupent une place centrale dans le discours voltairien. Ce numéro de la Revue Voltaire explore la relation ambiguë que Voltaire a entretenue avec la médecine et les médecins, lui qui a tant souffert et s’est depuis très jeune présenté comme un éternel mourant. Les études pluridisciplinaires – littéraires, historiques, philosophiques, médicales – rassemblées dans ce volume examinent les différentes façons dont Voltaire décrit et pense la médecine de son temps et ses différentes spécialités, mais aussi la manière dont il considère sa santé. Sont explorés les enjeux philosophiques mais aussi sociaux de son expérience de malade, en particulier tels qu’ils s’expriment dans sa correspondance. La mise au jour de documents inédits sur l’entourage médical de Voltaire complète le dossier.

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Revue Voltaire 24 (2025) – Voltaire et les Lumières au Québec / Mme Denis

Deux dossiers thématiques composent principalement ce numéro de la Revue Voltaire : « Voltaire et les Lumières au Québec : perspectives historiques et lectures actuelles », et «Marie-Louise Mignot, dite Mme Denis ». Le premier examine la présence directe ou indirecte de Voltaire et de ses œuvres dans l’histoire culturelle et intellectuelle québécoise, de la fin du xviiie siècle à nos jours. Le second, appuyé notamment sur la parution d’un volume de Lettres inédites à Marie-Louise Denis (1737-1744) (2023), entend reconsidérer le regard porté sur la nièce de Voltaire, née Marie-Louise Mignot, à la lumière des nouveaux documents disponibles et de nouvelles approches critiques. La section « Varia » accueille des études mettant en lumière de nouveaux correspondants et documents relatifs à Voltaire et à la genèse de Candide, à Mme du Châtelet, et aux contrefaçons du Siècle de Louis XIV.

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Voltaire / Rousseau en leur temps. Regards croisés sur les archives d’écrivain au XVIIIe siècle, 21 mai 2025

Journée d’étude organisée par Nathalie Ferrand (ITEM, ENS/CNRS)

Bibliothèque nationale de France, Salle des conférences, 5 rue Vivienne, 75002 Paris

9h30 Nathalie Ferrand, ITEM, ENS / CNRS, Introduction

9h45 Nicholas Cronk, Voltaire Foundation, Oxford, La place des
manuscrits dans une édition numérique de correspondance : les travaux en chantier pour « Oxford University Voltaire » (OV)

10h15 Gillian Pink, Voltaire Foundation, Oxford, Un cahier de travail
de Voltaire reconstitué

10h45 Nathalie Ferrand et Marie-Laure Massot, CAPHES, ENS /
CNRS, « La lettre la plus importante du livre » : transcription intégrale et analyse génétique du brouillon de la lettre III, 18 de Julie, ou La Nouvelle Héloïse de J.-J.Rousseau (BnF, Naf 28006)

11h30 Discussion

12h Pause déjeuner

14h Greg Brown, University of Nevada, Las Vegas, À la recherche
d’un nouveau Beaumarchais

14h30 Mathilde Chollet, LARHA (Lyon) et TEMOS (Le Mans)
Comment naît une écrivaine. Les manuscrits de Sophie Cottin, de l’entrée en écriture à la (dé)construction hagiographique

15h Alexandre Stroev, Université Sorbonne Nouvelle, Réécrire sa vie : correspondances et mémoires épistolaires du prince Charles-Joseph de Ligne

15h30 Discussion

16h Pierre Musitelli, ENS / ITEM, Correspondre en français dans l’Italie du XVIIIe siècle : enquête dans les archives d’écrivains et imprimeurs

16h30 Marc Smith, EPHE / ENC, Pour une paléographie des manuscrits du XVIIIe siècle


17h Discussion générale, avec Olivier Wagner, conservateur à la BnF

Travaux en cours des groupes de l’équipe « Écritures des Lumières » de l’ITEM
Comment se forment les archives des écrivains, quelles traces de la création recèlent-elles ? De quelle manière et à quelles conditions le chercheur peut-il non seulement classer ce qui semble inerte mais aussi faire revivre, grâce à une approche génétique notamment, la dynamique de la création et de la pensée ?
Voltaire et Rousseau présentent du point de vue de leurs archives deux cas de figure totalement différents, qu’il est intéressant de considérer ensemble pour mieux cerner les spécificités de l’époque. Leur comparaison est rendue possible aujourd’hui grâce à un ensemble de travaux récents ou en cours qui renouvellent profondément l’état des connaissances sur leurs pratiques d’écrivain, leurs rapports à leurs manuscrits et aux livres de leur bibliothèque, et l’histoire longue de leurs papiers. En partant de cet axe de comparaison, on élargira ensuite le cadre pour étudier la physionomie de l’archive d’autres auteurs et autrices du XVIIIe siècle, tels que Beaumarchais, Sophie Cottin, Le Prince de Ligne, ou bien d’épistoliers francophones de la péninsule italienne. Enfin, une approche paléographique sur les écritures du XVIIIe siècle aidera à comprendre les normes ou les singularités de ces précieux gisements d’encre et de papier dans leur temps.
Cette journée d’étude est la suite de celle qui s’était tenue le 12 mars 2024 à l’École normale supérieure et fait dialoguer les différents groupes de travail de l’équipe « Écritures des Lumières » de l’ITEM avec des collègues venus de France et de l’étranger.

JOURNÉES VOLTAIRE 2025 – « VOLTAIRE ET LA PRESSE »

JOURNÉES VOLTAIRE 2025 – « VOLTAIRE ET LA PRESSE », 19-20 JUIN 2025
COLLOQUE INTERNATIONAL

Organisation : Renaud Bret-Vitoz (Sorbonne Université), Myrtille Méricam-Bourdet (Université Lumière Lyon 2 – IHRIM) et Dario Nicolosi (ERC ModERN)

Avec le soutien de : Société des études voltairiennes – IHRIM – Sorbonne Université – CELLF – BnF|DataLab – ERC ModERN – Sorbonne Initiative Europe – PRITEPS

Jeudi 19 juin – Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, 5 Rue Vivienne, 75002 Paris, salle des conférences

9h30 Accueil des participants

10h Introduction
Renaud Bret-Vitoz (Sorbonne Université) et Myrtille Méricam-Bourdet (Université Lyon 2 – IHRIM)

10h15 Présentation du DataLab par Marie Carlin (BnF, DataLab)
Présentation de l’ERC ModERN par Glenn Roe (ERC ModERN – Sorbonne Université)

10h45 Les LLMs sur les traces de Voltaire : débusquer les anecdotes dans la presse du XVIIIe siècle
Motasem Alrahabi (Sorbonne Université)

11h15 Discussion

11h30 Voltaire « dans » la presse, ou de la reconstruction, à l’aide d’outils numériques, d’une figure médiatique dans les journaux du XVIIIe siècle
Dario Maria Nicolosi (ERC ModERN – Sorbonne Université)

12h Voltaire dans la presse anglaise du XVIIIe siècle
Oanez Hélary (Université Rennes 2)

12h30 Discussion

14h30 La figure du journaliste dans L’Envieux et L’Écossaise, ou les mutations d’un imaginaire médiatique
Alexis Lévrier (Université de Reims)

15h Voltaire in the Press of Denmark-Norway
Jonas Thorup Thomsen (Voltaire Foundation, Oxford)

15h30 Avec ou sans approbation : état des lieux du corpus voltairien dans les périodiques francophones
Myrtille Méricam-Bourdet (Université Lyon 2 – IHRIM)

16h Discussion

17h30 Assemblée générale de la SEV

Vendredi 20 juin – Maison de la Recherche, 28 rue Serpente 75006 Paris, salle D323

9h45 La Correspondance de Voltaire dans la presse périodique : le cas des lettres de remerciement
Jack Iverson (Whitman College, États-Unis)

10h15 De l’interdit à l’imprimé : diffusion et réemploi des Lettres philosophiques dans la presse
Sarah Phillips (ERC ModERN – Sorbonne Université)

10h45 Discussion

11h15 Desfontaines, Prévost et Voltaire
Olgie Lee (Université Lyon 2 – IHRIM / Université de Sogang)

11h45 Voltaire et l’adoubement littéraire de Mademoiselle de Malcrais de La Vigne
Timothée Léchot (Université de Fribourg)

12h15 Discussion

14h15 Voltaire philosophe au fil des comptes rendus du Journal encyclopédique
Olivier Ferret (Université Lyon 2 – IHRIM)

14h45 La « panthéonisation » de Voltaire dans le Journal des Dames (1761-1765)
Marie-Hosanna Chauvin (Université Lyon 2 – IHRIM)

15h15 Les journalistes catholiques devant l’édition de Kehl : branle-bas de combat
Stéphanie Gehanne-Gavoty (Sorbonne Université)

15h45 Discussion et conclusions

Revue Voltaire n°23 (2024) – « Œuvres complètes, œuvre ouverte »

Éditer de façon raisonnée et critique l’œuvre complète d’un auteur polygraphe aussi prolifique que Voltaire relève d’une gageure non démentie depuis le XVIIIe siècle. Le grand œuvre mené par plusieurs générations de chercheurs et d’éditeurs, sous l’égide de la Voltaire Foundation d’Oxford et de ses directeurs successifs, doit susciter l’admiration et la reconnaissance des lecteurs et de la communauté scientifique. Les contributions rassemblées dans le dossier proposé au lecteur dans cette nouvelle livraison de la Revue Voltaire, consacré aux « Œuvres complètes, œuvre ouverte », ainsi qu’une partie des études livrées dans la section des Varia, explorent de façon critique l’histoire et les enjeux de la nouvelle édition des œuvres de Voltaire, la complexité du travail effectué ainsi que la richesse des perspectives ouvertes par la mise à la disposition du public de la collection complète des 205 volumes. La publication d’une série d’inédits, préparés par Nicholas Cronk et John Renwick, rappelle que toute édition intégrale est par nature.

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